Je veille

Là où je demeure, le soleil est roi
La pluie passe, légère, furtive
Un chêne m’offre cependant
L’ombre de sa couronne
Et un tapis de lierre à son pied

Je vais parfois en pèlerinage
Sous cette voûte fraîche et humide
Je célèbre le souvenir lointain
Des rivières de mon enfance
Maloise, Jourdain, Vrille
Et des étangs bordés de roseaux
Angelier, Forge, Chantemerle

Sous ce chêne je l’attends
Celle qui ordonne
A l’eau vive et aux serpents
J’espère le voir miroiter
Ce joyau sur son front
J’espère sentir son souffle
Déposer en mon oreille
Les secrets et légendes
Du pays qui fut le mien

Dans le feu du couchant
J’espère sa venue
Flot bleu vital et puissant
Je veille, je l’attends

La vouivre

|3| L’agenda

Le printemps semble plus explosif que ceux des années passées.
Ou est-ce notre attention et notre sensibilité qui explosent ?
Ici et maintenant, je suis, tu es, nous sommes, les choses sont.
L’agenda devient obsolète et rend au présent son épaisseur.

Escale à Combovin pour la nuit

Combovin est comme l’amour en cage. Retranchée derrière ses montagnes et ses grilles de fer forgé, elle ressemble à un fruit mûr qui s’offre généreusement à ceux qui se donnent la peine de lui rendre visite.

 

Combovin la douce.

Protégée des abords agités du Rhône par les petites montagnes de la Raye, Combovin se love au creux d’un paisible vallon. La quiétude y endort les chats, adoucit le cœur de ses habitants et apaise celui de la voyageuse en quête de repos.

En marchant à travers les rues secrètes, je tente de deviner la vie cachée derrière chaque porte, chaque grille ouvragée. Un souvenir me guide : celui d’Anthony; doux adolescent rencontré à Valence, aussi affable que ce village qui est le sien.

Pour clore cette journée, je me délecte des fruits de la générosité : du pain offert par les bons amis avant mon départ, des mûres bien charnues et un physalis : présents trouvés dans cette ravissante combe.

 

Un petit matin ensorcelant

Sept heures du matin, dans le silence du Vercors. Venus des bois proches, baignés de bleu et de noir par le jeu de la lune à travers les résineux.

Les hurlements d’une meute de loups (qui étaient en fait…des chiens de traîneau :)).

Forte émotion d’entendre enfin ces cris tant de fois fantasmés, tant de fois imaginés; beaux et inquiétants.