|17| Depuis plusieurs jours…

…le flux de mots en moi s’est un peu tari ; la fatigue physique rend moins claires les suggestions de l’esprit. Le retour du soleil me presse de travailler au jardin, de construire, de réparer, de faucher, de cueillir, de regarder sans cesse cet horizon lointain qui est le mien, ces herbes folles qui me narguent. La pluie aussi m’appelle pour que je lui offre mon front. J’éprouve comme une urgence à jouir du dehors, un besoin de mener intensément cette vie rustique. Pas pour la jeter au visage de celles et ceux qui en sont privés, mais plutôt pour la maintenir désirable, accessible, tangible. Pour la brandir au bout du poing devant les puissants qui en rient depuis leurs salons dorés.

Le cal de mes mains sera donc mon étendard, au service de la liberté. Et si les mots me manquent, dehors il y aura encore une certaine dose de poésie.

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