Trois petits poèmes

Le vent depuis trois jours m’assiège
Il chahute mes idées, les disperse
Et je m’épuise à les rassembler

Ce soir, dernière tentative

Je jette l’ancre de mon corps dans l’épaisseur du bureau
Et l’encre de mon stylo se fixe dans le grain du papier

Ainsi amarrées, mes idées peuvent se mouvoir sans se perdre
Elles ne luttent plus contre le vent mais dansent avec lui

Danser plutôt que lutter, j’ai enfin compris

J’ai la poésie éruptive
Elle déborde sans façon
J’aimerais qu’elle soit arbustive
Ciselée feuille après feuille
Mûrie, pourvue d’écorce
En plus de sa sève

La frustration est ce point sans coordonnées sur lequel pourrait naître un monde où rien ne nous résiste et où pourtant la saveur du désir resterait intacte.

A cet endroit aussi précis qu’introuvable, M. C. Escher siroterait le contenu d’un verre sans fond en compagnie du Baron de Münchhausen, contemplant l’océan depuis Horseshoe Bay.

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