Un terrier

Un terrier devient un sujet d’observation fort exaltant quand on le regarde avec les yeux d’Alice.
Celui que j’ai vu ce matin était somptueux, alors je n’ai pas résisté à la tentation de le visiter. J’ai posé le pied sur le seuil d’opaline, poussant doucement la grille dorée. Elle ouvre sur une route, pavée d’un élégant damier de chêne et d’ébène. Levant les yeux, je vois qu’une voûte de lapis Afghan protège l’ouvrage en supportant l’épaisse couche d’humus dans laquelle la route serpente. De chaque côté, de beaux vitraux historiés montrent tour à tour un lapin blanc, un chapelier fou et une reine de cœur en colère. A travers chaque vitrail on peut – si l’on se rapproche suffisamment – observer la vie souterraine : racines et radicelles blanches et épanouies, que les insectes et les vers s’amusent à chatouiller. Tout ce petit monde rit, rit ! Leurs rires planent ! Douce mélodie !
Pour parfaire le tout, un parfumeur de génie a disposé ça et là d’étranges encensoirs qui propagent jusqu’au fond de mon âme, l’odeur exquise du sous-bois.

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