|2| Urtica

Passer la journée chez soi,
Rien de nouveau, voici mon quotidien.
Mais savoir le monde endormi alentour,
Donne à ma solitude habituelle
Une toute nouvelle saveur.

Une fois passé l’émoi
Des brèves au flux diluvien,
Depuis ma colline comme d’une tour
Je portais une attention nouvelle
Un regard plus rêveur

Sur les choses sans éclat
Ces innombrables petits riens,
Qui peuplent chacun de mes jours.
Et parmi eux, ordinaire mais belle,
Urtica tu fis mon bonheur.

Aujourd’hui

Aux pieds ne te foulais pas,
Mais te cueillais avec soin,
Te fis sécher avec amour
Recueillis tes feuilles jadis cruelles
Pour conserver toutes tes saveurs

Demain

Me souviendrai de ce jour là,
Ce jour où j’ai pris le temps. Soudain
Consciente que mon séjour
Sur terre est comme ortie ou prunelle :
Potentiel ingrédient d’une divine liqueur.