Habiter – réflexion

Construire un feu. N’est-ce pas une façon de poser enfin ses valises, de désigner – de façon littérale et figurée – son foyer ? Un feu comme une fondation, une première pierre en quelque sorte.

Vive la récup’ ! Les palissades viennent de la déchetterie (un monsieur me les a données avant de les jeter à la benne), poutres récupérées d’une vieille charpente dont le propriétaire m’a autorisée à prélever une partie, panier acheté quelques centimes à la ressourcerie. Toile achetée dans un magasin de déstockage. Bois à brûler : chutes de bricolage, palettes, chutes des palissades que j’ai coupées.

 

Inktober 2019

A regarder avec un peu de naphtaline dans les oreilles.

A regarder en écoutant ceci.

A regarder en découvrant cela.

A regarder avec ce son-ci.

A regarder et puis à compléter avec le son de Lorin.

 

A regarder avec ceci dans les oreilles ou avec le livre Mon corps est un champ de bataille sur sa table de chevet.

A regarder en écoutant Eivør.

A regarder en écoutant cela.

A regarder en écoutant ceci.

A regarder en écoutant ceci.

 

Un chat dans la gorge et dans la tête !

Le vélo et le bivouac, seul.e : deux occasions de s’offrir de beaux moments avec soi-même. Quelquefois, on cherche pourtant à peupler cette solitude parce que la route est monotone ou parce que le vent hurle trop fort au-dessus de la tente et que ça fait peur.

Pour ma part, j’aime puiser dans les petits poèmes de mon enfance pour me tenir compagnie. Doux et sucrés comme un morceau de brioche, simples à retenir ; ils se murmurent, se gueulent, se chantent et se dessinent.

Hommage à l’insignifiance apparente du thym sauvage

Au dessus du hameau de Veaux, le thym sauvage prend racine dans de petites clairières bordées de chênes verts et de genévriers.

Séché par l’ardent soleil de Provence, il semble mort sur pied. Il garde pourtant un arôme puissant qui se dépose au creux de la main qui le presse, ravivant le souvenir des ratatouilles de l’été finissant et promettant de bonnes tisanes pour l’hiver qui approche.

Son tronc tortueux naît gracieusement du sol ocre parfois tapis de mousse. L’élan de la vie est habilement souligné dans ce mouvement figé, comme statufié, tendu vers le ciel.

Ses minuscules feuilles – d’un beau vert argenté – s’agencent en calices harmonieux et réguliers.

Cet aromate que l’on foule négligemment au pied, possède une architecture élégante et inspirante; quoique miniature et donc invisible à qui ne se penche pas dessus avec attention.

Les calices élégants du thym sont propices aux explorations graphiques.

 

Escale à Combovin pour la nuit

Combovin est comme l’amour en cage. Retranchée derrière ses montagnes et ses grilles de fer forgé, elle ressemble à un fruit mûr qui s’offre généreusement à ceux qui se donnent la peine de lui rendre visite.

 

Combovin la douce.

Protégée des abords agités du Rhône par les petites montagnes de la Raye, Combovin se love au creux d’un paisible vallon. La quiétude y endort les chats, adoucit le cœur de ses habitants et apaise celui de la voyageuse en quête de repos.

En marchant à travers les rues secrètes, je tente de deviner la vie cachée derrière chaque porte, chaque grille ouvragée. Un souvenir me guide : celui d’Anthony; doux adolescent rencontré à Valence, aussi affable que ce village qui est le sien.

Pour clore cette journée, je me délecte des fruits de la générosité : du pain offert par les bons amis avant mon départ, des mûres bien charnues et un physalis : présents trouvés dans cette ravissante combe.